Voyage 2017: le direct...


Départ le vendredi 14 juillet sur le Champ de Mars à Paris face à la Tour Eiffel !


C'est parti !

1e étape : Paris – Nemours  120 km / D + : 800 mètres

Météo : beau temps, température entre 22 et 24°, vent modéré plutôt favorable.

Vues de Châteaux, mais vie de cycliste

Avec la participation (à titre gracieux) de :  Fabien /  Loïc  / Patrice  /  Régis  /  Serge

Avec une pensée forte pour Jean-Marie, compagnon du voyage 2013, récemment disparu. C’est sûr là-haut, il devait nous regarder avec bienveillance et envie aujourd’hui. Une pensée aussi pour André, qui a perdu avec Jean-Marie son compagnon de trente années de route.

Moins grave, mais embêtant, l’absence du PDG des Rugissants, contraint à renoncer à quelques jours du départ, mis à plat par une infection. Bon rétablissement Georges !

Quelle est la différence entre un cycliste professionnel et un Rugissant ? Le premier est payé pour pédaler, le second paie de sa personne. Ceci dit on n’aurait rien contre des indemnités, mais notre directeur Georges est contre, il pense que ça nuirait à la convivialité du groupe. Une indemnité kilométrique serait pourtant bienvenue, car on en abat des kilomètres ! Mais notre directeur est contre, il croit que cela nuirait à notre éthique. Une indemnité pour les heures de selle serait un vrai plus, mais notre directeur s’y oppose, il affirme que cela mettrait à mal notre cohésion. Un remboursement des frais de bouche serait aussi apprécié, vu qu’on en abat des bêtes pour nous nourrir ! Inutile de vous dire que notre directeur est contre.

Un voyage ça commence souvent par un transfert. Départ minuit pour Fabien et moi avec un beau camion tout neuf et plein de vélos et de matériel en soute. Une soute également aménagée avec un coin lit, un tapis de sol posé entre tout notre bordel, beaucoup moins bien rangé que d’habitude car Christophe n’est pas du voyage cette année. Etant fatigués tous les deux, on avait peur de s’endormir sur la route. Du coup Fabien m’a raconté toute sa vie pendant que je conduisais, et ça nous a tenu éveillé jusqu’à 3 heures du mat’ ! Par contre, j’avais un peu décroché sur sa période 11 – 13 ans, je ne me rappelle même plus s’il a eut les oreillons…

Passé 3 heures du matin, gros coup de barre malgré la vie trépidante de Fabien, du coup un part dormir dans la soute pendant que l’autre conduit. Faut avoir confiance, car dans la soute on est enfermé, c’est le noir absolu et on est balloté à se demander si l’autre suit vraiment la route. En plus impossible de communiquer autrement que par téléphone. Enfin bref, on a dormi  très peu, environ 2 heures cumulées, mais on est arrivé comme des fleurs au centre de Paris, à 7h17 pour être précis. Du coup on a dû attendre Patrice, Régis et Serge qui eux démarraient en TGV d’Aix à 7h21. On a dormi un peu plus, on aurait dit deux Roms en voyage dès que le camion était ouvert. Et autour de nous des policiers et des militaires partout, 14 juillet et présence dans les parages de Manu le français et Donald l’américain oblige.

A 12 heures, photo devant l’école militaire et avec la tour Eiffel en toile de fond. Puis sortie de Paris par les quais de Seine et tous les grands monuments, beaucoup de rues fermées à la circulation que nous remontons en sens normal ou interdit, c’est selon, sous l’œil attendri des policiers. Tout ce déploiement de force pour nous, c’est presque gênant. La moitié de l'armée française, les trois quarts de la police parisienne, tout ça pour 5 personnes...

Après avoir quitté Paris assez facilement grâce au GPS qui nous a permis de suivre un itinéraire très technique, nous sommes dans la Brie. Faudra qu’on m’explique pourquoi on y fait du fromage alors qu’il n’y a que des champs de céréales et pas une vache !

Nous commençons notre itinéraire relais et châteaux qui va durer jusqu’au final. Relais pour s’abriter du vent parfois contraire même si globalement nous n’avons pas à nous plaindre, et châteaux pour notre quête du beau. Ça commence avec le sublime château de Vaux le Vicomte, se poursuit par le très beau château de Fontainebleau et finira par le coquet château de Nemours.

Le groupe devant le château de Vaux le Vicomte

Nous roulons en petit comité cette année, on pourrait tenir dans une cabine téléphonique, deux qui roulent côte à côte et c’est déjà le gros du peloton. Heureusement que quatre renforts sont attendus pour la fin du voyage (Brice, Isa, Cathy et Eric).

Arrivée à Nemours en début de soirée, Fabien s’aperçoit qu’il a déjà son pneu arrière en piteux état. Bon, on réfléchira à tout ça demain car on a comme un coup de barre. Et puis de toute façon Christophe n’est pas là, et nous la technique on n’y connait rien !

Ce soir Fabien est très fatigué et manque tellement de sommeil qu’il met son dentifrice sur son rasoir. Il parait qu’il y a des jours où on ferait mieux de ne pas se lever, nous on a résolu le problème en ne se couchant pas hier. Allez bonne nuit à tous, faut qu’on récupère.

Texte de Loïc, images de Fabien.

2e étape : Nemours  - Vézelay  155 km / D + : 1300 m

Météo : beau temps, température entre 25 et 27°, vent modéré plutôt favorable.

Les beaux villages un peu perdus.

Avec la participation (toujours à titre gracieux) de :  Fabien /  Loïc  / Patrice  /  Régis  /  Serge

Avant le départ de Nemours, et avec l’aide de Patrice,  Fabien change son pneu détruit prématurément, sans doute trop de puissance à faire passer sur la roue arrière, ou alors le pneu est merdique, une hypothèse retenue par Fabien lui-même. Serge arbore un beau maillot jaune, on n’avait pas remarqué qu’il menait au classement général…

Départ à 9 heures, nous partons en forêt, entre sable et rochers recouverts d’un joli couvert végétal, un agréable début. 

Le groupe entre sables et rochers...

Puis la campagne s’ouvre, l’habitat reste dispersé. Dans les villages perdus, les fenêtres sont pour beaucoup fermées. Au début on s’est dit que les gens dormaient, mais passé 11 heures on a pensé à une autre hypothèse. Dans ces villages bénis des vieux (les jeunes sont tous partis à la ville)  on y croise en passant quelques rares autochtones. L’occasion de lire dans la pupille de leurs yeux (faut faire vite) toute l’admiration des gens d’ici pour les grands voyageurs que nous sommes. Une nonagénaire (à vue e nez) notamment à carrément lâché son cabas à notre vue. En même temps, qu’allait-elle mettre dans son sac vu qu’il n’y a pas de magasin au village, mystère. Enfin bref,  suivant les consignes de notre PDG, nous lui laissons la carte des Rugissants, puis nous repartons, on n’a pas que ça à faire.

Mais rongés par le remord,  on voudrait donner un petit coup de pouce au commerce local en s’arrêtant à la boulangerie, malheureusement il n’y en a plus. Au moins envoyer une carte postale en l’achetant au tabac-presse, mais… y’en a plus. De toute façon il aurait fallut acheter pour l’envoyer un timbre à la Poste, et y’a plus de Poste depuis un bail, donc pas de regret. On s’arrête au seul commerce qui tienne bon dans le village, le bar. Les gens boivent pour oublier très certainement. Pour nous c’est la pause café. 4 cafés et 4 verres d’eau, le budget des Rugissants est très serré, mais la cafetière est quand même contente, on a doublé sa recette de la journée. De toute façon, le petit bar du village, y’en aura bientôt plus…

Et tout ça c’est bien dommage, car c’est toute l’âme et la beauté d’un pays qui part peu à peu.

Au fait, pourquoi 4 cafés alors qu’on est 5 ? Eh bien parce qu’à la pause café il en manquait un, celui qui conduisait le camion, Patrice, perdu en rase campagne. Il a quand même fini par arriver mais tard et presque à court d’essence.

Repas à Auxerre, notre entrée en Bourgogne se fait dans une jolie petite cité. L’occasion d’un repas de midi au bord de l’Yonne.

Auxerre : les Rugissants débarquent en Bourgogne !

Ensuite nous suivons ce cours d’eau dans des paysages élégants et reposants. Puis quelques montées, guère violentes et c’est l’approche de Vézelay, très joli aussi.

A l’arrivée à Vézelay, pas mal de monde ! Tous venus pour nous accueillir évidemment, cela en était presque gênant. Et ne me dites pas que c’est parce que Vézelay est inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco. D’ailleurs faudra que j’en parle au retour à Georges pour qu’il fasse un dossier pour inscrire aussi les Rugissants au patrimoine de l’Unesco, ça ne doit pas être bien compliqué…

A l’hôtel d’arrivée, le personnel est un peu brouillon. Ils doivent s’y mettre à trois pour au bout d’un quart d’heure trouver un moyen d’ouvrir le portail d’accès au garage à vélo. L’émotion de nous voir en vrai très certainement, les Rugissants venants rarement dans la région.

Demain nous continuons à travers le parc naturel du Morvan. Les troupes sont fraîches et motivées.

C'est malin...

Texte de Loïc, images de Fabien


3e étape : Vézelay – Le Creusot  138 km / D + : 1800 m

Météo : beau temps, température maxi à 28°, vent faible.

Le Morvan, pays de l’union des Gaules.

Avec la participation (à titre gracieux, ça devient une habitude) de : 

Fabien /  Loïc  / Patrice  /  Régis  /  Serge

Départ tardif de Vézelay, indépendant de notre volonté, l’hôtelier refusait de se lever tôt un dimanche, même pour des Rugissants.

La mise en route des troupes est un peu molle, les côtes sont un peu molles aussi, du coup l’harmonie règne.

Le début d'étape

Nous suivons dans toute sa longueur le lac artificiel de Pannecière, plutôt joli et bien ombragé, avant d’arriver à Château-Chinon. C’est l’heure d’une petite pause restauration : la patronne du bar est venue nous servir en personne, quand je vous dis qu’ils n’ont pas l’habitude de recevoir du monde dans la Nièvre ! Mais nous avons su rester simples malgré notre beau camion tout neuf. La patronne a dit :

-          Vous prendrez bien des boissons, et des sandwichs faits maison ?

On a dit oui pour faire vivre le commerce local et parce qu’on avait faim.

Plus tard elle est revenue, toujours très sympa :

-          Vous prendrez bien des petites douceurs ? J’ai des glaces et des gâteaux, faits maison.

On a dit encore oui, on n’allait pas se priver de dessert quand même !

Dans le restaurant, barrant l’entrée sans entrain, un de ces gros chiens de berger que l’on trouve souvent dans ce type de bar. Le genre de vieux clébard au poil un peu gris et râpé qui fait trois pas dans la journée puis s’affale crevé pour dormir environ 23 heures sur 24.

Tout le contraire de nous. Une bestiole au regard tellement sympa qu’on lui donnerait la moitié de son sandwich si elle demandait, et en général elle demande, avec un regard plein de détresse comme un cycliste dans des côtes à forts pourcentages. Comme on était dans la ville rendue célèbre par Mitterrand, j’ai interrogé le chien (la patronne avait trop de travail) pour savoir s’il avait bien connu l’ancien président. Apparemment, il n’était pas né que l’autre était déjà mort, d’où la tête étonnée du chien devant ma question. Je lui ai redonné un peu de mie de pain pour m’excuser.

Les paysages du Morvan : y'a pire...

Poursuite de la route, direction le Mont Beuvray : Vercingétorix y a uni les tribus gauloises, Montebourg a essayé de faire de même avec les socialistes, mais sans succès. Pour gagner le sommet il faut grimper avec des passages de pente parfois à 20 %, on comprend pourquoi les Gaulois ont perdu plus tard contre les Romains à Alesia, les gars étaient fatigués. Nous aussi, mais pas tant que ça, enfin on a quand même bullé au sommet un petit moment en profitant du panorama. Tout le monde a donc monté le Mont Beuvray, sauf le camion, abandonné par son chauffeur du moment, et de toute façon la route est fermée par une barrière qu’on contourne seulement à vélo. Pour les faignants, il y a des minibus qui font la navette, mais pas de ça chez nous. Ceci dit nous sommes aussi les seuls cyclistes…

A noter le bon temps de notre jeune, Fabien, dans cette courte mais rugueuse ascension. 10e sur 112 des chronos Strava de l’année. Ceci dit le gars est un peu déçu.

Le groupe au sommet du Mont Beuvray

Après cela, dernière portion peu passionnante pour gagner la ville étape, Le Creusot. Sergio aussi veut montrer qu’il a retrouvé la grande forme, provoquant une arrivée en ordre dispersé au Creusot dû à une attaque (hors parcours) accompagné de Régis. Cela démontre qu’on peut monter plus vite que les autres et arriver quand même bien après Fabien et Patrice à l’hôtel… En tant que conducteur du camion au moment du drame, je ne me sens pas concerné.

A l’hôtel il n’y a personne, on nous a juste laissé un code pour l’entrée et les clefs de nos chambres sur la porte. Déjà que l’hôtelier du matin n’avait pas voulu se lever tôt, celui du soir n’a visiblement pas voulu se coucher tard.

Nous allons dîner dans le plus beau coin du Creusot, en terrasse s’il vous plaît, et avec vue imprenable sur… Lidl et Kiabi. Toujours ce problème de budget des Rugissants, très serré. Faudra qu’on soit plus offensif sur les sponsors la saison prochaine.

Texte de Loïc, images de Fabien.


4e étape : Le Creusot – Pérouges  160 km / D + : 1500 m

Météo : beau temps, température maxi à  32°, vent faible, puis modérément défavorable.

D’une crevaison à l’autre.

Avec la participation (sans prime de résultat, c’est à signaler) de : 

Fabien /  Loïc  / Patrice  /  Régis  /  Serge

Départ tardif du Creusot, dois-je préciser encore une fois indépendant de notre volonté ? Personnellement cela ne m’a pas beaucoup déranger puisqu’il m’a fallu environ 100 kilomètres pour sortie d’une léthargie complète. A mon avis la première nuit d’hôtel dans la soute d’un camion voyageant à 130 km/h entre Aix et Paris y est pour beaucoup.

L’étape du jour est marquée par deux crevaisons, d’abord celle de Serge après 20 kilomètres. Une réparation effectuée par ce cher Serge (à prononcer à vitesse rapide 10 fois de suite, pas évident) est toujours un grand moment. Toujours intéressant aussi de voir un brillant intellectuel mettre les mains dans le cambouis. Il y a de la poésie beaucoup plus que de la technique. Certes les fondamentaux sont à peu près maîtrisés mais les gestes sont plus orientés esthétisme qu’efficacité. L’ordre des opérations suit aussi parfois une logique aléatoire et le temps n’est pas compté, surtout le nôtre. Enfin, on finit par repartir et la roue arrière de Serge est à peu près droite, c’est l’essentiel. Pour l’anecdote, Sergio avait choisi de mettre des pneus de 28 mm à l’arrière… parce que ça crève moins.

Nous repartons pour atteindre Cluny, une cité abbaye bourguignonne de fort belle facture et l’occasion de prendre un petit café bienvenu. 

Cité Abbaye de Cluny (photo prise par Régis)

Après Cluny, crevaison de Régis cette fois, juste avant le dernier col pour quitter le Morvan. Cela se passe sous les yeux d’une bande de chèvres, toutes en blanc comme nous. Elles s’approchent et nous sympathisons. L’une d’elle aurait dit :

-         - Vous crevez souvent ?

Et les autres chèvres ont rigolé bêtement.

Bande de chèvres !

Pour l’anecdote Régis avait choisi de prendre son 2e vélo dit « le mulet »… parce que ça crève moins. A part ces deux pépins mineurs, la journée s’est bien passée, sous une grosse chaleur.

Nous quittons la belle région Bourgogne Franche Comté. Si vous décidez d’aller vivre là-bas, faites attention toutefois au choix du village : si vous allez habiter Belleville ou Joyeux, pourquoi pas, mais si vous faites votre trou à  La Fiotte ou  Bourgvilain, ça sera plus compliqué pour réussir dans la vie…

En quittant le Morvan, on descend mais la température elle, monte ! Je ne sais plus très bien où nous nous sommes croisés, mais ça a fait mal… Cette plongée dans les coteaux surchauffés et couverts de vignoble du Beaujolais puis la plaine mosaïquée par les étangs des Dombes offrent toutefois de nouveaux panoramas forts appréciables. 

Enfin, la cité médiévale de Pérouges, classée au patrimoine mondial de l’Unesco elle aussi, signe le terme de l’étape. 

Fou rire à Pérouges

Nous sommes à une trentaine de kilomètres au nord-est de Lyon. L’hôtel avec piscine procure une récupération appréciée par cette chaude journée.

A venir : trois étapes montagneuses, à commencer par le Mont du Chat, tout proche du lac du Bourget, dès demain.

Quatre étapes de faites, nous arrivons à mi-parcours, il est temps de donner des nouvelles des troupes, les plus et les moins et la forme de chacun peuvent s’établir comme suit :

FABIEN : excellent état général dû à un entraînement régulier et des séances de récupération interminables dans la chambre. Petit bémol, un retard d’heures de sommeil qui prend des proportions inquiétantes.

Points forts : organisation, gestion du groupe, punch sur la route, capable de se masser pendant des heures (interminables si vous voulez mon avis) après l’étape. Un très bon parti, si des filles sont intéressées, le contacter rapidement, c’est un modèle unique, il n’y en aura pas pour tout le monde.

Points faibles : incapacité chronique à ranger sa chambre, qui est aussi la mienne.

PATRICE : bien qu’en délicatesse avec un tendon d’Achille, gère parfaitement et suit le rythme et assume des relais toniques sans aller au rupteur et sans jamais se plaindre.

Points forts : jovial, dur au mal et endurant.

Points faibles : a un sens de l’esthétique dans le choix de ses tenues pour le repas du soir très personnel.

REGIS : en très bonne condition lui aussi, les pépins de santé du printemps sont oubliés.

Points forts : les giclettes vers l’avant, encore appelées « Régissades avant ». Accessoirement mais fort utile, expert du nettoyage d’un camion dégueulassé par une bouteille de sirop mal rebouchée, en vadrouille dans la soute.

Points faibles : les giclettes vers l’avant qui peuvent dans certaines circonstances entraîner par la suite une brutale décompression accompagnée d’une giclette vers l’arrière, encore appelée « Régissade arrière ».

SERGE : une condition physique qu’on avait plus vue depuis l’ascension du col du Galibier en 2011 ! La participation à un stage préparatoire d’une semaine dans les Dolomites n’y est surement pas étrangère.

Points forts : convivialité permanente, impossible de ne pas apprécier Serge.

Points faibles : comme tout intellectuel, peut rencontrer quelques difficultés avec les travaux manuels.

LOÏC : bien content d’être là !

Points forts : trop long à énumérer.

Points faibles : j’ai beau chercher…


Texte de Loïc, mise en images de Fabien.


5e étape : Pérouges – Chambéry    137 km / D + : 2100 m

Météo : superbe temps très chaud, température maxi à  34°, vent faible.

Cinq chats sur un mont.

Avec la participation (purement bénévole, c’est à souligner) de : 

Fabien /  Loïc  / Patrice  /  Régis  /  Serge

Aujourd’hui, comme on manquait de sommeil, on a décidé de se lever tôt. Oui c’est idiot, mais pour une fois qu’une hôtelière nous proposait de prendre le petit déjeuner à 7 heures, nous avons sauté sur l’occasion. Ce qui a permis un départ à 8 heures, pas plus mal en ces temps de grosse chaleur. La planète va mal, je vous le dis, tous à vélo, il y a urgence !

On part donc tôt et relativement au frais, du coup nous avons fait la pause déjeuner à l’endroit prévu mais à 11h. Hier c’était à plus de 14h, je déconseille le groupe des Rugissants pour ceux qui sont pointilleux sur les horaires des repas, à l’heure de midi, on roule.

Qu’est-ce qu’on a fichu entre 8h et 11h ? Pas grand-chose, du vélo principalement, dans un très long faux plat montant en gros pour rejoindre Culoz. Sur le chemin, on passe dans des gorges et par le village de Saint Rambert en Bugey. Et là une affiche géante égaye le bourg, il semblerait qu’ils soient spécialisés dans les ramequins. De là à le faire savoir au touriste qui passe ?

Chez moi j’ai des bols dépareillés aussi, mais je ne vais pas pour autant en faire tout un plat pour attirer les touristes ! Ce besoin d’attirer les gens de passage ça me fait penser à tous ces petits musées qu’on trouve dans des villages parfois perdus. Soyons raisonnables en matière d’art, pour ne citer que la peinture, il y a deux grands musées en France, le Louvre et Leroy-Merlin, et puis c’est tout !

Ah, on vient de m’informer que le Ramequin est une spécialité fromagère en fait, et là je dis que ça change tout, s’il y a quelque chose de bon à bouffer c’est bien d’informer les touristes.

Bref, il faisait chaud sous le casque dès le matin. Plus loin on s’arrête à une pharmacie pour que Fabien prenne ses produits. Ce jeune se drogue, je passe une semaine dans sa chambre et je n’ai rien vu venir, c’est consternant ! Ses parents sont-ils au courant ?

Donc il ressort avec de la Sporténine pour ceux qui connaissent, en comprimés, à moins que ce ne soit en suppositoire, je ne veux pas le savoir.

Bref, on repart mais nous moins fringants que lui car on n’a pas eut droit de goûter à sa came. On arrive à Culoz pour se restaurer avant d’attaquer la devenue mythique ascension du Mont du Chat depuis que les cyclistes pro y passent dans leurs courses. Il faut dire qu’on a une peur panique de l’hypoglycémie, alors on anticipe. Fabien prend un croque-monsieur, imagine t-on un instant Bardet faire de même ? Les quatre autres mangent un pain bagnat, c’est beaucoup plus raisonnable.

Et après ? L’après-midi c’est une histoire de chats et là chat devient compliqué, va falloir suivre.

Régis a pris son vélo de montagne, conscient de l’enjeu. Serge a mis sa paire de jambes de montagne, fort motivé. Fabien a branché son Strava, le couteau entre les dents. Patrice et moi faisons un point sur nos pépins physiques et décidons que, chat devrait passer.  

Pour rejoindre le Mont du Chat, on passe par le col du Chat, chat va vous suivez ? Enfin plus précisément on aurait voulu passer car dès le bas du col, une pancarte marque que le col est interdit aux cyclistes pour cause de report de tout le trafic routier sur une route menant aussi à ce col, à cause d’un tunnel en travaux sur l’autre route d’accès à Chambéry. Comme nous sommes français donc globalement indisciplinés, on s’est dit : « chat va passer ! »  Ce col est très joli avec des panoramas sur le lac du Bourget et l’abbaye de Hautecombe (on devient hypercalés en abbaye !), sa pente est assez forte mais pas insurmontable. 

L'ascension du col du chat

Et effectivement chat passe, enfin jusqu’à une intersection à un kilomètre du sommet du col où les cyclistes ne peuvent plus monter, les gendarmes veillent au grain et les automobilistes deviennent hargneux. Aller plus haut serait très dangereux et puis chat sent l’amende à 90 €, multiplié par 5 personnes, on est hors budget des Rugissants ! Du coup on redescend un peu chercher le camion posté par Serge a un endroit stratégique, c'est-à-dire pas du tout où c’était prévu au départ, mais bon nous ne sommes pas trop regardant, Serge a d’autres qualités. Puis on passe en mode « roumain », c'est-à-dire 3 V.I.P à l’avant du camion, et 2 pauvres gars en soute à tenir les vélos, dans le noir complet et  sous une chaleur suffocante. Espérance de vie inférieure à la demi-heure, pour éviter la suffocation des soutiers, Serge qui conduit franchit le col et amorce la descente de 5 kilomètres en moins de 20 minutes, tout le monde est vivant mais fait chaud, même sans le casque !

On repart après arrêt à une fontaine pour rafraîchir et faire boire les bêtes. Et puis c’est l’ascension du Mont du Chat et ses pourcentages de pente très réguliers sur les dix derniers kilomètres, malheureusement compris entre 10 et 15 %. Chat monte fort ! Mais bon, Chat passe encore.

En tête le chaton du groupe, mais le chat botté, le chat mallow, le chat de gouttière et l’aristochat se défendent bien et le rejoignent tous au sommet. Le chaton est d’autant plus content qu’il a fait un meilleur temps dans la montée (données Strava) qu’Arnaud Démare lors de l’étape du Dauphiné Libéré. Je lui ai dit de me recontacter quand il fera un meilleur temps que Barguil dans le tour de France…

Ceci dit, bravo l’artiste !

Le sommet du Mont du Chat

La descente est très rapide et dangereuse, étonnant car la route a été refaite pour les coureurs du tour de France mais ce n’est pas fameux. Respect pour les risques insensés pris par les Pros lors des courses.

L’arrivée sur Chambéry est surchauffée, il y a des pistes cyclables mal foutues, Patrice évite de justesse mais avec adresse la chute en frottant contre un trottoir. Chat a failli mal finir !

Voilà, à demain avec le renfort de 2 Rugissants et 2 Rugissantes, Chat va être cool !

Chalut !

Le lac du Bourget

P.S : notre classement (à l’unanimité, enfin presque, sauf Serge) de difficulté parmi les 3 cols suivants :

1 : Le Grand Colombier (col situé à 30 km du Mont du Chat, escaladé par les Rugissants en 2015)

2 : Le Mont Ventoux (escaladé par les Rugissants chaque année)

3 : Le Mont du Chat (nouveauté collection Rugissants été 2017). Ceci dit, c’est du très lourd aussi !

 

Texte de Loïc, mise en images de Fabien.


6e étape : Chambéry – St Jean en Royans    140 km / D + : 3300 m

Météo : temps couvert puis ensoleillé.  Températures modérées dans la Chartreuse, supérieures à 30° à partir de Grenoble. Vent faible sauf plateau du Vercors (fort vent de face).

D’un massif à l’autre.

Avec la participation (sans toucher un kopeck, c’est dingue !) de : 

Fabien /  Loïc  / Patrice  /  Régis  /  Serge

Un petit retour sur le Mont du Chat escaladé hier. Quasiment aucune voiture, pas de motos, le bonheur à vélo, pour la pente c’est une autre histoire. Par contre et de façon étonnante quasiment pas de cyclistes non plus, ce qui est d’autant plus surprenant après la pub que lui ont faites les épreuves cyclistes du Dauphiné Libéré puis du Tour de France. Où étaient passés les passionnés de cyclisme ?

Chat m’étonne, mais bon, Chat n’est pas bien grave.

Aujourd’hui réveil 6h15, et à cette heure il ne faut pas demander grand-chose à Fabien, de se lever ce n’est déjà pas si mal, ce qu’il parvient à faire mais pas avant 6h45. Il faut dire que le jeune est au four et au moulin pour l’organisation, sans lui il ne serait même pas pensable de concevoir ce type de périple collectif.  Mais je me demande quand même comment un garçon aussi lent le matin peut être ensuite si rapide dans les cols.

Petit déjeuner à 7h, et à cette heure il ne faut pas demander grand-chose à un Rugissant, en dehors de manger des croissants.

Départ à 8h15 de Chambéry, et là par contre c’est la métamorphose, tous les gars sont plein d’allant, certains plus que les autres. Cette organisation quasi-militaire est sans doute due à l’influence d’une ancienne caserne à deux pas d’où nous logions. On était remontés comme des pendules, prêts à bouffer du dénivelé ! Un col de 16 kilomètres qui commence 1 kilomètre après le départ de l’hôtel, ça nous a bien calmés.

Mais qui a fait le parcours ? Ah oui, c’est moi, alors disons plutôt que c’est une approche originale et ludique qui ne manque pas de sel. Mes coéquipiers me jugeront avec indulgence.

Nous attaquons direct donc le massif de la Chartreuse et sa trilogie de cols pour passer de Chambéry à Grenoble. On peut aussi choisir l’autoroute pour les gens pressés ou faignants, mais attention à trop de sédentarité. Certes nous aussi restons le cul sur une chaise toute la journée, en l’occurrence une selle au confort précaire qu’il est doux d’abandonner le soir pour poser ses fesses sur des fauteuils moelleux.

La Chatreuse !

Revenons à l’étape, nous avons gravi d’abord le col du Granier (16 km), puis le col du Cucheron deux fois plus court (pas par la route principale et ce col est très pentu dans sa première partie) enfin le col de Porte (8 km) avant de quitter le massif de la Chartreuse. Le problème de ces cols c’est qu’ils ont un déficit de notoriété par rapport aux grands cols alpestres et on sent bien qu’ils en souffrent au point de se venger sur les cyclistes de passage, histoire de leur montrer qu’eux aussi peuvent être difficiles à gravir, même s’ils ne font qu’approcher les 1500 m d’altitude.

Donc, 3 cols qui nous ont bien entamé et aussi entamé sérieusement l’appétit au point que Serge dès l’entrée dans Grenoble a mis les « warnings » pour qu’on se restaure de suite ! Comme nous sommes polis et que nous étions tout à fait d’accord avec cette initiative spontanée et empreinte d’urgence, nous avons obtempéré. Sandwich, dessert, boisson, café et nous étions d’autres hommes, remis à neuf ou presque.

Ensuite on traverse l’agglomération pour passer de l’autre côté de la cuvette grenobloise et aller chercher le massif du Vercors. 4e montée de la journée (15 km), aussi dure et longue que les autres même si elle ne porte pas le nom de « col » ce qui là encore nuit à son prestige. Cette montée qui mène depuis Sassenage (sortie de Grenoble côté Vercors) à St Nizier en Moucherotte est raide, fort longue et aujourd’hui surchauffée, mais elle ouvre les portes du magnifique parc naturel du Vercors. Nous glissons sur ce plateau qui s’illustra par ses résistants pendant la seconde guerre mondiale au point d’en décorer une commune entière d’une médaille militaire (St Nizier). Pensée pour ces hommes éminemment courageux.

Entre Lans en Vercors et Villard de Lans, le paysage est très beau mais nous essuyons un fort vent contraire. On se relaye en conséquence, merveilleuse capacité d’adaptation du cycliste aux éléments hostiles, de l’intelligence en mouvement en somme. Cela s’arrange dans les spectaculaires gorges de la Bourne, une bonne vingtaine de bornes tout schuss avec des roches parfois en surplomb direct de la route. Entre Pont en Royans et St Jean en Royans, il ne reste enfin qu’une dizaine de kilomètres, avec un peu de montée par moment mais du genre promenade comparé à ce que nous avons fait avant.

Pont-en-Royans

Hôtel sympa avec joli parc et piscine et excellent accueil dans ce petit village de campagne au cœur de ce magnifique département de la Drôme.

Ce soir nous doublons la table de 5 à 9 pour les 4 cyclistes qui nous rejoignent pour les deux dernières étapes, à savoir Isa et Brice, Cathy et Eric. En plus Julien vient nous rejoindre de Grenoble, mais sans son vélo pour une fois, nous sommes 10 à table, l’occasion de passer une excellente soirée !

On double les effectifs !

Demain une étape aussi difficile qu’aujourd’hui, mais au profil assez différent.

 

Texte de Loïc, mise en images de Fabien.


7e étape : St Jean en Royans – Nyons     152 km / D + : 2900 m  (175 km et 3600 m pour Fabien)

Météo : Beau temps très chaud. Température maximum 32°. Vent plutôt faible sauf thermiques contraires dans les vallées.

Histoire Drôme.

Avec la participation (gratis, pour la beauté du geste, la classe !) de : 

Cathy  /  Isabelle  / Brice  / Eric  (les nouveaux) et   Fabien /  Loïc  / Patrice  /  Régis  /  Serge (les anciens)

Je vais essayer d’être bref, mais ce ne sera pas facile. D’abord être 9 au lieu de 5, c’était fort agréable. Ensuite la Drôme, qu’est-ce que c’est beau ! En plus il n’y a personne, des cols de moyenne montagne avec des panoramas époustouflants, de jolis villages perdus, une nature accueillante, pour le cycliste c’est sûr, le bonheur est dans la Drôme. L’effort est intense mais la beauté environnante est enivrante. Il faut savoir vivre ces moments et se les ressasser le soir.

Enfin bref, tout a commencé dès le départ, ce qui est logique. A 8h30 nous étions déjà contents que les pluies orageuses prévues ce jour soient passées pendant la nuit, c'est-à-dire en avance contrairement à nous. Du coup départ sur route mouillée mais avec un grand ciel bleu. Nous sympathisons avant de partir avec une autochtone qui nous reluquait devant l’hôtel à St Jean. Elle s’intéresse à nous. Pour être plus précis, cette femme devait être un peu en manque d’amis. De plus je n’ai jamais vraiment pu croiser son regard, ses yeux ne convergeaient pas sur un point fixe, mais une dame bien gentille. Elle ne voulait plus nous lâcher, et encore Brice était parti en éclaireur avec le camion pour le premier relais, si elle avait su ça, c’est sûr qu’elle montait direct avec lui.

Bref, elle nous demande une photo, sans doute pour mettre sur son « face de bouc ». Je ne sais pas si elle nous a pris ou les nuages au-dessus, mais bon elle avait l’air contente du résultat, c’est l’essentiel.

500 mètres à faire pour sortir du village, et tout de suite après on débouche dans le col. Mais qui a fait le parcours ? Ah oui, c’est vrai, ça me revient. Donc je disais un échauffement dans des pentes fortes pendant 12 kilomètres, une sacrément bonne idée…

D’ailleurs tout le monde avait l’air content et ça valait la peine, cette route vertigineuse de Combe – Laval est carrément époustouflante sur une petite portion, avec des à pics de plusieurs centaines de mètres au bord de la chaussée, un simple petit parapet en pierre nous séparant du vide. 

L'incroyable route de Combe Laval

Cette route a été construite entre 1893 et 1896.

Nous continuons ensuite d’arpenter ces merveilleuses routes du sud du Vercors en direction du col de Rousset. Les montées sont dures pour les jambes mais les yeux sont à la fête. Les descentes sont du pur bonheur.

Le col de Rousset : on en prend plein les yeux !

A l’heure de midi, nous sommes à Die, pays de la clairette. Sergio étant devenu très strict sur les horaires de repas, nous nous arrêtons dans un fournil à pain qui va nous procurer tout ce qu’il nous faut. Cette année Serge est très affûté et a perdu 6 kilos, le revers de la médaille c’est qu’il a tout le temps faim et aucune réserve sur lui, contrairement à moi qui plus prévoyant, ne part jamais sans une fine pellicule de graisse.

Enfin bref, on rentre dans la boulangerie et là on a vu tout de suite qui étaient les patrons du groupe. Les 4 nouveaux, un peu timorés, nous ont laissé l’initiative. Les 5 anciens, on a foncé comme un seul homme direct devant la devanture et on a tout de suite fixé la pâtissière droit dans les yeux. On fait peur désormais quand on rentre dans ce type d’établissement. Le genre de gars avec des casques et habillés tous pareils,  prêts à tirer dans le tas en un éclair (au chocolat). Faut dire qu’on met du braquet et qu’on envoie du lourd ! La pâtissière, paniquée par l’ampleur de notre commande et nos gueules de tueurs, nous a tout livré direct. Elle était même prête à nous donner la caisse ! Mais on s’en fichait, ce qu’on voulait c’était nos sandwichs. Encore qu’à la réflexion il faudra que j’en parle avec notre PDG, Monsieur Georges, parce qu’une autre fois, prendre en plus la caisse, ça pourrait renflouer celle des Rugissants. Les 4 nouveaux ils étaient épatés par notre assurance, de l’admiration plein les yeux et autant de sandwichs que nous, ils apprennent vite.

Enfin bref, après c’est une histoire de train. Pour arriver jusqu’au pied du col de la Chaudière, 20 kilomètres plats ou en faux plat descendant, avec un sensible vent de face. Du coup on a mis deux locos en tête, normal, nous sommes en montagne, et tous les wagons derrière. Quand on est calé derrière Brice et Eric, non seulement on ne prend aucun vent (les molécules d’air ne font pas les fières et préfèrent contourner ces solides gaillards) mais on ne prend pas non plus de relais car on se dit qu’on risquerait de déranger plutôt qu’autre chose…

Du coup Serge a filé direct au wagon restaurant (toujours la peur de l’hypoglycémie), Fabien et moi on est allés dans le wagon couchettes pour récupérer un peu des 50 heures de sommeil en retard accumulées, Patrice s’est installé en première classe pour envoyer ses sms à tout son fan club (et ils sont nombreux, le téléphone de Patrice bipe environ toutes les minutes), Cathy et Isa ont taillé une bavette peinarde, également en première. Par instant Fabien quittait sa couchette pour aller aider à l’avant, mais on voyait bien qu’il dérangeait plutôt qu’autre chose.

Et Régis me direz-vous ? Il prenait un triple relais camion, choix personnel pour voir la fin de l’étape du tour de France au col de l’Izoard, et s’assurer aujourd’hui une existence plus tranquille. A l’arrivée Régis a descendu les affaires de tout le monde et réceptionné toutes les chambres, merci à lui.

Enfin bref, nous sommes donc arrivés bon train au pied du col de la chaudière (entre 35 et 50 km/h selon les portions), col qui portait bien son nom car la chaleur y a été suffocante dans sa première partie, et le col est long et pas donné côté pente.

Le groupe au somme du col de la Chaudière !

Restait encore du chemin pour gagner Nyons, qu’on a fait toujours bon train malgré plusieurs côtes, la chaleur et la fatigue. A 5 kilomètres de Nyons, le groupe se scinde. Patrice, Fabien, Brice et Eric font le choix de regarder sur le téléphone portable de Brice et au bord de la route les derniers kilomètres de l’étape du tour. On file bon train sur Nyons avec Sergio et les filles pour rejoindre l’hôtel, ça descend, c’est cool.

Arrivés à Nyons terme de cette plutôt dure étape, nous avions placé la possibilité d’une ascension bonus de 8 kilomètres très dure avec pente moyenne à 9 % et passages à 17%. Tout le monde a choisi le menu simple sans supplément, c'est-à-dire direct sous la douche, sauf Fabien, le jeune monte les cols comme un cabri et est très motivé.

Enfin et pour finir brièvement, une sacrément belle journée !

Ah oui j’oubliais, et pour faire bref, à l’orée du dernier jour, il y a quand même une question qu’il va falloir qu’on mette sur la table : nos émoluments ! On sent bien que notre directeur sportif, Monsieur Georges, du haut de son chalet dans les Alpes, n’est pas trop chaud pour évoquer la question. Nous qu’est-ce qu’on demande ? Une simple augmentation. En même temps augmenter des gars qui ne touchent rien, c’est un peu compliqué. Ou alors au minimum des vélos neufs. Je crois que tout le problème c’est notre manque de sponsor. Compte tenu de nos besoins, j’avais pensé à contacter Brioche Dorée, Buffalo Grill, Panzani ou encore Carte d’Or.

Bref, demain retour à Aix, il faut savoir être raisonnable.


Texte de Loïc, mise en images de Fabien.


8e étape : Nyons  - Aix en Provence   155 km / D + : 1 800 m

Météo : Beau temps très chaud comme hier. Température maximum 32°. Vent modéré défavorable.

Le retour des « Men in white ».

Avec la participation (et pour tout salaire, votre estime…) de : 

Cathy  /  Isabelle  / Brice  / Eric  / Fabien /  Loïc  / Patrice  /  Régis  /  Serge

Aujourd’hui, très rapidement on s’est dit :

           - Mais on connaît ces coins !

Et effectivement, on rentrait chez nous par nos routes d’entraînement. Nous avons contourné le Ventoux depuis le nord ou nous arrivions et par l’est. Pourquoi ne pas le gravir puisqu’il était là ? Parce que nous l’avons déjà fait lors d’une sortie spéciale (comme chaque année). Certes il est plus facile de passer autour mais ce n’est pas plat du tout puisque l’altitude maximale dépasse les 850 m.

Le Ventoux veille sur les Rugissants...

Au kilomètre 80 nous avons un problème. Nous voyageons du nord au sud de Nyons à Aix en Provence, or il se trouve que l’étape du tour de France du jour, va d’Embrun à Salon de Provence. Le choc était inévitable, il aura lieu à Simiane la Rotonde, magnifique petit village perché des Alpes-de-de-Haute-Provence.

On s’est dit : on va manger d’abord, histoire d’analyser sereinement la situation. Nous on cogite mieux le ventre plein.

Mais du coup, qui allait laisser passer l’autre ?

J’ai tout de suite appelé Christian (Prudhomme, le directeur du Tour de France).

   Il m’a dit : combien de camions ?

   J’ai dit : bah, un.

   Il m’a dit : combien de cyclistes ?

   J’ai dit : euh, neuf.

(j’ai triché un peu car le conducteur du camion, un coup il est là avec nous, un coup il n’est pas là parce que le camion ne se conduit pas tout seul. Ce sera le cas dans quelques années, via une application dédiée sur notre smartphone, on programmera l’endroit où on veut le retrouver et le camion se débrouillera tout seul)

Bref, Christian commençait à s’énerver et j’ai dû le calmer.

   J’ai dit : vous savez qui nous sommes ?

   Il m’a dit : non.

   J’ai dit : Les Rugissants, ça vous dit bien quelque chose ?

   Il m’a dit : non.

   J’ai dit : mais vous connaissez Georges quand même ?

   Il m’a dit : non.

Le gars était buté.

   J’ai dit : bon, on va faire un geste d’apaisement. On va bien passer d’abord, parce qu’on est chez nous, mais plus tôt comme ça vous pourrez continuer tranquille avec tout votre barnum.

   Il a rien dit, il avait raccroché. Le culot de ce type !

Et surtout il fait le fier parce qu’il peut s’appuyer sur un chouia plus de matos que nous. Pourtant quand on déballe tout notre camion le soir à l’arrivée de l’étape, croyez-moi que c’est un beau bordel ! Enfin reconnaissons-le, le tour de France 2017 c’est vrai a une logistique impressionnante :

1 caravane publicitaire précédant les coureurs de 12 kilomètres de long et 170 véhicules, nous on a juste la banderole de Georges, et encore on l’avait oublié cette année, ce n’est pas malin.

En plus il faut compter 120 camions de télévision, 250 voitures, 200 coureurs, 22 équipes, sans compter tous les camions pour le matériel, les cars des équipes, des centaines de motos, une dizaine d’hélicoptères, et entre 500 000 et 1 million de spectateurs au bord des routes à chaque étape. Nous c’est un peu plus léger comme structure, encore que quand on traverse les villages, les gens parfois nous regardent passer. Sur la route souvent les automobilistes nous klaxonnent, certainement pour nous saluer.

Et il n’y a pas que ça :

500 hôtels réservés, nous 7, oui mais à table on craint dégain !

7 avions pour les transferts, nous on fait tout avec notre camion !

L’équipe médicale est composée de 7 ambulances, 2 voitures médicales, 1 camion de radiologie et 1 moto, nous on a juste des… pansements.

Le Tour de France c’est le troisième événement sportif mondial après les jeux olympiques et la coupe du monde de football. La semaine vélo des Rugissants est un peu plus loin dans le classement.

Passons. Ensuite après Simiane la Rotonde les gars ont bien roulés. 

Le groupe dans la montée d'Oppedette

Moi je devais rendre le camion, Georges notre PDG ayant refusé de l’acheter. On s’est retrouvé à 16h45 à Aix en Provence, sur la place de la Rotonde, pour la photo finale et le pot de fin de périple. D’abord ça nous a fait bizarre d’arriver si tôt à l’étape, nous n’étions plus habitués à ça. Ensuite on a cherché désespérément notre hôtel, mais il n’y en avait pas, chacun devant rentrer chez lui.

Coup de chaud sur la 8ème étape !

On s’est quittés un peu tristes mais avec de formidables souvenirs plein la tête. Et on a promis de se revoir très bientôt, sur un vélo probablement…


Bilan individuel et collectif :

Un temps superbe (aucune pluie), une très bonne entente, des paysages variés et d’une grande beauté, de l’effort physique intense mais aussi de bons repas et de nombreuses rigolades, une organisation prenante mais réglée comme du papier à musique, le tout donne un résultat apprécié de tous.

Bravo à Fabien, le plus combatif dans les cols et le plus brillant dans l’organisation. Et quelles crises de rire le soir dans la chambre, on a dû déranger les braves gens qui dormaient…

Bravo à Serge, toujours de bonne humeur, quel plaisir.  Personnage drôle et revenu à son meilleur niveau cycliste, de tous les voyages avec Fabien et moi.

Bravo à Patrice, si vous vous demandez pourquoi ce gars reçoit autant de coups de téléphones et de messages, c’est simple, il est au top de la convivialité. Et de la préparation physique aussi, puisqu’il a réussi à faire tout le voyage bien que diminué par un problème de tendon d’Achille. Et merci pour les barres à haut pouvoir énergétique !

Bravo à Régis, sa façon de faire du vélo non conventionnel (accélérations, décélérations, le rythme régulier l’ennuie) ne l’empêche jamais de faire l’étape comme les autres ! Et merci aussi pour l’aide logistique.

Bravo à Isa, une sportive qui non seulement est forte sur un vélo mais fait aussi course à pied, natation, et séances de fitness. Isa n’arrête pas de faire du sport et pourtant a plein d’autres choses à faire. Comment fait-elle ?

Bravo à Cathy, qui a plusieurs métiers dont un est prof de fitness. On comprend mieux ses capacités physiques redoutables, doublées d’une nutrition au top qui me fait forcément baver d’envie, moi qui mange trop et mal.

Bravo à Brice. Normalement on devrait détester Brice, eh oui un garçon beau, intelligent, drôle, musclé, sportif d’excellent niveau, ça fait beaucoup pour un seul homme. Mais comme en plus il est adorable et la simplicité même, tout le monde adore Brice.

Bravo à Eric. Il ressemble beaucoup à Brice par ses capacités physiques très élevées et sa fréquentation agréable, cycliste sur route mais aussi Vététiste, sympathique et discret, lui aussi a beaucoup apporté au groupe. Faudra venir plus longtemps une prochaine fois !

Voilà, cette fois c’est bien fini. Mais une question reste : on fait quoi demain ? Je ne suis pas inquiet, on trouvera bien un autre moyen d’exaltation.

A l’année prochaine ! Et merci à tous ceux qui à travers les résumés ont suivi notre périple.


Le mot de Fabien : un immense merci à Loïc pour ses résumés très attendus, sa bonne humeur permanente, son sens de l’organisation et du collectif. Un grand merci à Régis/Serge/Georges pour leur sens de l’organisation en amont du voyage et/ou pendant le périple. Enfin, un grand merci à l’ensemble des participants pour leur sens du collectif et leurs qualités humaines qui ont contribué à faire de cet ensemble d’individualités un groupe soudé avec une très belle cohésion qui s'est traduite par de franches parties de rigolades, aussi bien sur le vélo que pendant les pauses café/repas.

Ce fut encore une bien belle cuvée que ce voyage itinérant 2017 avec de nombreux souvenirs qui ne peuvent que rester gravés dans nos mémoires.

Les photos et les résumés quotidiens qui traduisent parfaitement l’ambiance unique des voyages itinérants confirmeront très certainement à de nombreux d’entre vous l’envie de faire partie du voyage 2018 et de vivre cette aventure unique sur le plan sportif, humain et touristique… Vivement l’an prochain !

Texte de Loïc et Fabien, mise en images de Fabien.

Le groupe à l'arrivée devant la Rotonde, vivement 2018 !

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