11 au 18 juillet: Le Voyage 2015


Les photos du voyage: 




Samedi 18 juillet: Guillestre - Aix 209 km, 1 200 m de dénivelé.

Météo : beau temps, grosse chaleur et canicule l'après-midi (35° en moyenne) avec mistral de face.

Départ en comité restreint en ce samedi matin, en plus de Loïc que nous avons quitté hier au sommet du col Agnel, Jean-Christophe est rentré en train hier soir et Laure et Eliane ont pris le train ce matin. Nous sommes donc 7 au départ de cette longue étape jusqu'à la maison, pas mal pour une étape à la base optionnelle !

Nous partons donc de Guillestre vers le lac de Serre-Ponçon pour un début d'étape pas si facile : même si le profil est globalement descendant jusqu'à Aix, il y aura beaucoup de "coups de cul", notamment en ce début d'étape jusqu'à Chorges où nous prenons le café.

Notons que Serge, auteur d'un sans faute jusqu'à présent a mis une chaussette à l'envers, on va lui pardonner çela fait 8 jours qu'on fait du vélo et on est tous un peu fatigué !

Le parcours est plutôt roulant jusqu'à Sisteron avec beaucoup de portions descendantes où tout le monde participe généreusement au relais. Soulignons la grande forme de Régis qui en profite pour faire des "régissades" à tout va !

Nous quittons les Alpes et ses montagnes...

Nous faisons notre pause collation à Sisteron au restaurant "la Citadelle", bien connu des participants aux sorties spéciales. Le service est un peu long mais la pause fait du bien et nous repartons en plein cagnard pour les 100 derniers kilomètres de ce voyage. 

Georges et Christophe sont maintenant dans le camion et nous sommes 5 à rouler (Patrice-Régis-Jean-Luc-Serge-Fabien), autant vous dire que les relais reviennent très vite ! Heureusement tout le monde a de bonnes jambes et participe à l'effort collectif pour lutter contre le mistral assez fort, surtout sur les parties à découvert. Nous nous relayons régulièrement lorsque la route et le profil s'y prêtent, cela permet en plus de faire passer le temps beaucoup plus vite sur de longues portions rectilignes

Nous faisons régulièrement des pauses afin de remplir les bidons et de se rafraîchir : Oraison-Vinon-Peyrolles.

Il fait chaud !! La maison n'est pas loin c'est sur !

Nous terminons par la montée entre Meyrargues et Venelles que nous escaladons tranquillement : nous sommes à la maison ! Nous allons jusqu'à chez Régis où chacun peut récupérer ses affaires que Georges a laissé avant de resituer le camion : un grand merci à lui !

Jean-Luc qui trouvait sans doute cette étape un peu courte a repris son vélo pour aller jusqu'à chez lui à Aix en vélo histoire de rallonger un peu !

Je profite de l'occasion pour remercier et féliciter notre Loïc national pour ces résumés quotidiens très appréciés ainsi que sa bonne humeur permanente, son sens du collectif et ses nombreux trophées de "King of Mountain" lors des collations du midi et des repas du soir où celui-ci a dévoré jusqu'à 3 desserts : j'ai toujours su que ce garçon ne savait pas se tenir !

Merci également à tous pour ce merveilleux voyage !

Fabien, envoyé spécial remplaçant à Aix-en-Provence

Vendredi 17 juillet: Pinerolo - Guillestre par le col Agnel 171 km, 3 200 m de dénivelé.

Météo : Chaleur dans la plaine du Pô et dans le 1er col, beau temps. – Température > 30° Nuages, vent fort et brouillard au sommet du col Agnel – Température ressentie < 10°

Dernière étape collective aujourd’hui. Départ de Pinerolo pour 70 km de camion (c’est mon tour), j’ai donc « travaillé » à temps partiel aujourd’hui et effectué seulement 100 km (170 pour les Rugissants) mais j’ai pu faire les montées, c’est l’essentiel. Oui le cycliste est un grand malade, mais il ne souffre pas de sa maladie, ce n’est pas douloureux, par contre il n’y a aucun traitement ! Le cycliste se décarcasse dans l’effort et en rigole après…

Le 1er col est modeste par la taille mais très joli avec plein de petits lacets assez pentus dans les coteaux du Piémont.

Laure et Christophe dans la seconde difficulté de la journée avec ses nombreux lacets et ses pentes à 13%

Le suivant c’est le col Agnel et lui n’est pas tendre du tout. Les dix derniers kilomètres sont saignants pour se hisser à 2 740 m (2e col de France après l’Iseran fait avant-hier). Au contraire de l’Iseran qui est très long mais plutôt doux, tout est relatif, l’Agnel est du genre brutal. Des passages à 14 % quand on est déjà au-delà de 2 000 m, on serait en droit de réclamer la bouteille à oxygène. Mais on n’a pas cela aux Rugissants. Pourtant du matos, on en trimballe !

Patrice ne lâche rien dans le col Agnel & ses pentes redoutables

Tout le monde arrive en haut du col, plus ou moins vite, la plupart à vélo mais certains en camion. Au sommet il fait un froid de canard, c’est la première fois qu’on se gèle dans un col de la semaine.

Comme il n’y a rien au sommet, à part la frontière matérialisée par une plaque et le Mont Viso qu’on devrait voir s’il n’était drapé dans les nuages, nous redescendons jusqu’au refuge côté France, situé 4 km en contre bas. Régis, isolé et à fond dans la descente ou mort de froid je ne sais pas, rate le refuge et continue sa route. A l’heure où j’écris ces lignes, les recherches sont-elles toujours en cours ? Merci Georges d’apporter la réponse…

Il a beau être près de 16 heures au refuge à 2 580 m, le goûter n’a rien d’une collation. Ça bouffe un Rugissant, faut bien récupérer les calories que la chaleur, le froid, les efforts, les attaques dans les cols, nous enlèvent ! Mais je l’avoue j’ai parfois un peu honte, moi qui mange moins qu’un moineau qui mange pas… Bon j’avoue, il ne faut pas prendre cette image au pied de la lettre, je ne suis pas crédible...

Pour moi, retour au sommet du col (en camion, merci Christophe). Changement de vélo, je quitte « Jolly Jumper » Cannondale pour « Little big horse » Lapierre chargé comme une mule. Pour traduire j’échange un cheval de course contre un cheval de trait. Jolly Jumper fait 7,5 kg et ne supporte qu’un jockey sans chargement. Little big horse fait 15 kg, supporte son jockey de 73 kg et presque 15 kg de chargement. Un quintal en déplacement en somme…

Petite descente, les sensations changent mais les freins sont bons. Me voilà dans un gîte de montagne à Casteldelfino, accueil montagnard très sympa comme d’habitude.

Je voudrais terminer cette semaine collective par un grand bravo à :

Georges, le moins jeune mais la forme olympique, 68 ans et toujours bon mollet (pour les montées) et bon œil (pour les descentes rapides). L'élégance aussi sur son vélo. Chapeau bas, mais a-t-il vraiment du mérite puisqu’il est passionné, il connait absolument tout sur son sport !

Fabien, notre jeune de 30 ans, intenable dans les cols, il n’est pas que jeune c’est un excellent sportif, un organisateur hors pair et toujours souriant, et un formidable compagnon de route ! Royal dans un groupe.

Laure, notre féminine au sommet de son art vélocipédique, inusable et toujours dans les 3 ou 4 premiers dans les cols, souriante et charmante au dîner du soir comme si elle était juste allée faire une petite promenade de santé !

Christophe, en plus de grimper les cols avec aisance est l’équipier rêvé toujours prêt à aider un camarade un peu à la ramasse. Ses compétences techniques inépuisables et son sens du collectif sont des atouts précieux pour le groupe.

Serge, l’homme capable de blaguer même quand la pente s’élève, gardant son sens de l’humour en toutes circonstances malgré des performances moyennes par rapport à son potentiel. Rappelle-toi ton éblouissante ascension du Galibier 2011 Sergio, ça va revenir, obligé !

Jean-Luc, sobre et efficace, toujours présent jour après jour, comme si pour lui tout cela n’était qu’une banale routine, une petite virée !

Régis et son style inimitable, coriace à l’extrême, je ne vois pas qui d’autres pourrait supporter ses alternances accélérations-rétrogradages dans les cols. Pas moi en tout cas !

Patrice, toujours flegmatique et blagueur, même après 4 000 m de dénivelé. Descendeur kamikaze, pourvoyeur de barres énergétiques d’exception faites maison (Patrice est pâtissier), un chouette compagnon de route !

Jean-Christophe, dur au mal et fort en col, sauf le dernier jour (l’abus de bières de la veille ?). Animateur du soir aussi avec ses karaokés improvisés lors des transferts en vrac dans le camion pour aller manger en ville. De plus Roi du GPS Garmin embarqué sur le vélo !

Enfin bravo à Eliane, la femme de Jean-Luc, qui ne fait pas de vélo et qui a supporté 10 cyclistes, les a assisté et à fait mine de ne pas trop trouver pénibles leurs conversations en 52 x 12 ou en 40 x 28, oui, des histoires de braquets quoi !

Sacré semaine, quel bonheur ! L’aventure continue, en solo.
Loïc, envoyé spécial à Casteldelfino

Jeudi 16 juillet: Mont Cenis - Pinerolo 140 km, 750 m de dénivelé.

Météo : Grosse chaleur et beau temps. - Température : 35° - vent faible.

Aujourd’hui nous sommes descendus des Alpes côté Italien, pour aller faire un tour dans le Piémont avec passage à Turin. Ça commençait bien puisqu’il y avait 20 km de descente au programme dès le départ.

Laure et Fabien dans la descente du col du Mont-Cenis

A la fin de la descente, arrêt rapide pour enlever des fringues, car il fait déjà chaud à 8h30 du matin. Georges fouille ses poches et s’aperçoit qu’il a gardé la clé de sa chambre sur lui…
Tout le monde rigole, sauf Régis qui sort de sa poche…la clé de sa chambre.
Tout le monde rigole mais fouille quand même discrètement dans ses poches…
Pas de nouvelle clé, il semble que Georges et Régis soient sujets à de petites attaques d’Alzheimer. Rien de grave, puisque les jambes restent bonnes, c'est l'essentiel ! :-)

On repart, encore un peu de descente, Laure freine un peu fort et chasse de la roue arrière dans un virage mais rattrape avec brio heureusement.

Après jusqu’à Turin ce sont de longues lignes droites, souvent en faux plat descendant, pas très passionnant mais du coup on déboule vite sur les faubourgs de Turin, souvent en relais à 35 voir 40 km/h. Après ça se calme en ville. Comme toute grosse agglomération et malgré les GPS embarqués sur 3 vélos, c’est un peu délicat au niveau de la navigation mais on s’en sort. Photos au centre ville et glaces italiennes en collation.

Il fait très chaud, regroupement à l'ombre!

L’après-midi, 2 petites bosses, rien de bien méchant, c'est une étape facile, et nous arrivons tôt au magnifique Bed and Breakfast situé en pleine campagne avec corps de ferme en cour carrée, piscine et parc paysager. Les chambres sont immenses, de vraies suites ! La classe, et en plus nous sommes quasi-seuls.

Petit coup de gueule : la difficulté d’un groupe à respecter le code de la route. Etonnant comme autant d’intelligences individuelles peuvent se diluer d’un coup… Mais on savait que l’intelligence d’un groupe est inversement proportionnelle à son nombre… Dans Turin ce fut patent, c'est un peu dommage, mais n'enlève rien à cette formidable semaine.
Demain on repart dans les Alpes, et puis au sommet du col Agnel, chacun rentrera sur Aix de son côté, les Rugissants dès le lendemain par Sisteron, moi dès le 9 août par Amsterdam et Plymouth...
:-))
Loïc, envoyé spécial à Pinerolo

Mercredi 15 juillet: Cols de l'Iseran (2770m) & du Mont-Cenis 98 km, 2900 m de dénivelé.

Météo : beau temps. Température : vallées 34°, sommet de l’Iseran 23°. Vent fort dans la vallée de la Maurienne et pour l’ascension du Mont Cenis.

Tout commence par la montée sur Val d’Isère. Une trentaine de kilomètres plutôt pénibles à cause d’une circulation dense d’autochtones pressés d’aller desservir Tignes et Val d’Isère. Après le col de l’Iseran change de visage et nous offre enfin 17 km d’ascension en plus, cette fois dans des panoramas magnifiques et au calme côté circulation. Montée jusqu’à 2 770 m donc, c’est le col le plus haut de France. 


Chistophe au sprint dans le col de l'iseran, qui finit dans le névé !


Restauration à Bonneval sur Arc dans la descente, et là, le drame, mais j’en reparlerai plus tard…

La vallée de la Maurienne est brulante et ventée, puis l’ascension du col du Mont Cenis amène un peu de fraîcheur mais toujours beaucoup de vent : un long lacet avec Eole de face, un autre dans le dos. Sommet du col à 2050 m.

Notre hôtel est perdu juste dessous le barrage du lac du Mont Cenis (pourvu que ça tienne !) à 1900m d’altitude. L’hôtel Malamot (une excellente adresse !) est un ancien bâtiment EDF datant de la construction du barrage, reconverti en auberge. Pas de réseau téléphonique, internet erratique (d’où l’absence de résumé immédiat ?), ni télé dans les chambres, hôtel dépouillé, patron et personnel très sympa qui occupe les lieux depuis près de 30 ans. Repas du soir pantagruélique et succulent. Nous profitons de la montagne et d’une escale à près de 2000 m d’altitude pour se refaire quelques globules rouges en plus.

Demain l’Italie !

Retour sur le drame du jour : Fabien n’a pas calé à table mais dans le dernier col, monté au ralenti. J’ai mené l’enquête, avec les méthodes utilisées lors des catastrophes aériennes où le moindre détail compte. D’abord les faits : hier midi déjà, il m’inquiétait, galettes complètes au sommet du col des Saisies. Le soir gros repas (excellent et copieux) le jeune avait déjà commencé à abuser gravement. D’accord il me largue dans les cols, mais à table je reste le leader incontesté. Aujourd’hui, Fabien commet une troisième erreur alimentaire qu’il paie cash : un zombie dans l’ascension du Mont Cenis, trois équipiers et une équipière obligés de décrocher pour l’attendre et de le tracter jusqu’en haut du col. Pour un leader ça fait désordre ! Mais bon, Nibali a des problèmes lui aussi…

Reconnaissons à Fabien qu’il était toujours devant jusqu’ici, alors que Nibali…

Revenons sur l’enquête : j’ai repris un à un toute la liste de ce qu’il avait mangé entre hier soir et ce midi, un travail de titan tellement il bouffe mais qui n’a pas été inutile, la conclusion s’imposa rapidement, jugez plutôt.

Voici la liste des plats et autres ingrédients consommés en 3 repas, vous allez comprendre tout de suite le problème :

· Du pain (beaucoup, même la mie)

· Du fromage (énormément et de différentes sortes)

· De la charcuterie (l’équivalent d’un sanglier entier)

· Du porc en sauce avec des pâtes (en complément de la charcuterie en entrée)

· Des galettes complètes (fromage – œuf – jambon pour les non Bretons)

· Du fromage blanc enrichi avec de la crème fraîche (en pré-dessert)

· Un tiramisu (en dessert)

· Des crêpes au chocolat avec chantilly

· Un diabolo menthe

Et là j’ai tout compris. Si notre petit jeune si sympa mais manquant encore d’expérience n’avançait plus dans le dernier col, c’est à cause de…

la menthe du diabolo, certainement pas fraîche ! 
Loïc, envoyé spécial au col du Mont Cenis

Mardi 14 juillet - 4 cols: Colombière, Aravis, Saisies, Cormet de Roselend. 120km, 4100m

Météo : beau temps très chaud, quasiment pas un nuage. Température : vallées 34°, sommet du Cormet de Roselend : 26°. Vent anémique.

Quatre cols au programme du jour, c’est l’étape la plus difficile. Elle se fera sans un nuage dans le ciel et … sur la route ! Tout le monde montera entre 3 et 4 cols, avec aisance malgré la difficulté et la chaleur. 

Alors commençons par un grand bravo à tous les gars et à notre exceptionnelle fille (Laure) !

Et maintenant, approfondissons certaines notions:

Tout d'abord, qu’est-ce qu’un col ?

Prenons l’exemple du Grand Colombier que nous avons monté avant-hier et de la Colombière, le premier col de ce jour. Monsieur Grand Colombier est du genre brutal, voir saignant, le genre à frapper ses enfants, en l’occurrence les cyclistes qui essaient de le franchir. Madame Colombière n’est guère plus tendre, question de famille sans doute. Pas facile de la monter, la bougresse ! (non, il n’y a rien de sexuel là-dedans, c’est vous qui êtes mal intentionné…)

A côté le col des Aravis qui succéda à la Colombière est un col prévenant, doux pour ses usagers, aux pourcentages modérés. Voilà un col qui sait se tenir mais qui manque un peu de piquant du coup, on ne peut tout avoir. Par contre son sommet offre une vue exceptionnelle sur sa majesté le Mont Blanc. Bonheur des yeux…

Le Mont-Blanc vu du col des Aravis

En troisième le col des Saisies, ses pentes moyennes (plus que les Aravis) et à son sommet la station de ski (l’hiver) et descente de VTT (l’été) des Saisies qui nous offre une pause restauration bienvenue.

Nous descendons ensuite sur Beaufort, histoire de nous retrouver au pied de l’assez difficile et d’une grande beauté Cormet de Roselend (c’est le nom de ce dernier col, un nom d’une certaine noblesse et il faut reconnaître qu’il n’en manque pas, splendide !) Au passage, achat d’un fromage, ce serait dommage de passer à côté du Beaufort. Normalement prévu en dégustation à l’apéro dès ce soir.

Le groupe au somment du Cormet de Roselend, le sourire jusqu'aux oreilles !

Autre explication importante pour le profane, qu’est ce que la pente d’un col ?

5 %, 10 %, 15%, plus, que cela signifie t-il exactement ?

Prenez un triangle ABC rectangle en B, je ne vous apprendrai rien en vous disant que la tangente en A est égale au côté opposé sur le côté adjacent et que…
Non j’ai peur de vous perdre et que vous preniez la … tangente, alors faisons plus simple.

Imaginez que vous avanciez de 100 m horizontalement et que vous montiez verticalement ensuite de 15, et bien vous êtes dans le dur car c’est une pente à 15%. Evidemment le cycliste évolue sur l’hypoténuse du triangle sus nommé, sinon c’est un autre sport, ça s’appelle de l’alpinisme ! Mais bon c’est encore un peu confus je le sens bien.

Alors je vais vous donner une échelle simple, accessible au profane :

Pente de 0 à 5 % : cycliste heureux, décontracté et ouvert à autrui, souriant et prêt à rire de n’importe quelle blague de Serge (notre pourvoyeur officiel sur ce périple).

Pente de 6 à 10% : cycliste concentré, tendu vers la performance, moins ouvert à autrui et peu réceptif aux blagues de Serge.

Pente de 11 à 15% : cycliste irascible et râleur, tendu tout court, refusant tout contact avec l’extérieur. Les blagues de Serge ne passent plus.

Pente supérieure à 15% : cycliste agressif avec ses congénères, avec tentations suicidaires ou meurtrières, c’est selon le tempérament de chacun. Serge n’a pas trop intérêt à sortir une blague…

Pente de 22% : zone de la mort…

C’est plus clair désormais ?

Dernière notion importante : la zone de confort

Il s’agit d’un niveau d’intensité physique qui permet de gravir un col (voir plusieurs) tout en restant légèrement en dedans. Parfois utilisé pour des raisons plus ou moins nobles. Avantage : on rit des blagues de Serge, même si elles sont moyennes, ce qui arrive parfois…

Ci-dessous exemple de cyclistes gravissant un col dans la zone de confort:

Loïc, envoyé spécial à Bourg-Saint-Maurice

Lundi 13 juillet 2015 : 3e étape : Annecy – Cluses 143 km, 2200 m de dénivelé, 2 cols.

Météo : grand beau, chaud, 33° dans les vallées, vent faible.

Une étape de transition qu’ils disaient ! Nous avons le sens de la transition… et la transition en l’occurrence est parfois salée ! Le vrai tour de France se repose lui aujourd’hui ! Enfin, ne nous formalisons pas.

Tout c’est bien passé malgré la chaleur, nous avons quitté Annecy pour rejoindre Genève par le col des Pitons (sans s’encorder…) puis vertigineuse descente sur la Suisse, on n’a même pas vu la frontière. Après le café face au jet d’eau de Genève, on longe le lac Léman jusqu’à un des plus beaux villages de France : Yvoire, lové au bord du lac, avec ses petites rues superbes. C’est là qu’on mange, face au lac, bucolique quoi !


Pause collation devant le lac Léman, trop dure la vie...

On resterait bien mais nous avons encore de la route. Une montée (le col de Jambaz) de bonne composition, c’est-à-dire aux pourcentages limités. Descente sur Cluses, idéalement placée pour tous les cols qui s’offrent autour.

Demain c’est la grosse étape, normal nous serons le 14 juillet et comme les cyclistes sont des gens à part, nous fêterons cela en gravissant 4 cols ! Faut savoir s’amuser…

Petite précision sur hier pour les puristes :
La montée du Grand Colombier fait 8,5 km à 10 % de moyenne dont 4,5 km à 12 % et… parmi ces 4,5 km il y a 1,5 km à 16,5 % et… parmi ce 1,5 km il y a un passage à 22%. Je comprends mieux pourquoi on était debout sur les pédales et qu’on n’avançait… presque pas !
Sinon le jeune (Fabien) a fait le 11e temps sur 170, et le meilleur temps 2015 dans cette montée (données Strava.com). Il abuse grave !

Loïc, envoyé spécial à Cluses

Dimanche 12 juillet: Oyonnax - Annecy 141km

météo: très beau temps chaud, 31°, vent faible d'origine variable.

Aujourd'hui, Jean-Luc a bien résumé la chose: "40 ans de vélo, première fois que je mets le pied à terre !"

Laure et Christophe dans les derniers hectomètres du col du Grand Colombier

ça s'est passé dans le col du Grand Colombier, par sa face la plus pentue. Un monstre ! Des rampes de folies avec des pourcentages jusqu'à 22 %, et de longs, longs, longs moments de solitude...
Une boucherie ! Debout sur les pédales à gagner mètre après mètre sur le kilomètre le plus pentu, Christophe et Laure ont même choisi la technique de "tirer des bords" oscillant de droite à gauche de la route pour en atténuer la pente. Est-ce réglementaire ? On vérifiera dans les statuts des Rugissants avec Georges demain, ce soir dodo, il est déjà plus de 23 h...

Ceci dit, Fabien a fait un excellent temps, nous attendons la validation du chrono sur Strava pour le publier...

ça avait pourtant bien commencé par 2 cols raisonnables avant ce morceau d'anthologie, on s'en rappellera.
La descente fut aussi un grand moment grâce à nos amis de l'équipement qui avaient farci le revêtement de gravillons, une horreur !
Il y a encore à signaler la crevaison de Régis qui s'est soldé au bout du compte par une impossibilité à réparer, problème de roues, et nous n'avons pas son modèle car il est le seul à avoir des roues de 650 mm.

Le groupe au sommet

Nous avons collationné à Seyssel pour l'anecdote, charmante bourgade sur le Rhône où la fête battait son plein.

Après direction Annecy par forte chaleur, bon rythme et belle convivialité , un peu moins qu'hier cependant, la fatigue sans doute...

A l'arrivée point presse avec un journaliste du Dauphiné Libéré, puis dîner en centre ville, entre canaux de la vieille ville et lac. Un très beau coin de France encore une fois.

Même la pancarte a été escaladée...

Et demain, de nouvelles aventures...
LoÎc, envoyé spécial à Annecy

Samedi 11 juillet: Lyon Saint-Exupéry - Oyonnax, 127 km, 5 heures, 26 km/h


Météo: 33°, grand soleil ! vent faible d'origine non contrôlée. Nous y voilà. La première semaine en groupe vient de commencer.

Réveil 5 heures du matin pour récupérer avec Fabien le camion avec toutes les affaires et les vélos et le monter à Lyon. Les autres cyclistes (8) montent en TGV, on a beau partir avec 1h 15 d'avance, on arrive 1/4h après eux au rendez-vous de Lyon St Exupéry (noeud multimodal: autoroute, TGV et aéroport, autant dire que la présence du groupe cycliste des Rugissants d'Aix en Provence est un peu... incongrue !)

Pour notre retard, il faut dire qu'on a eu un problème de bouchon...
De bouchon de réservoir pour être précis, qu'on arrivait pas à ouvrir, donc compliqué pour faire le plein ! Mais bon avec le support technique, on s'en est sortis.
Départ donc à vélo de St Exupéry, en bout de piste ou presque pour partir dans la campagne lyonnaise sous déjà une bonne chaleur. Quelques étangs des Dombes auraient pu nous rafraîchir mais nous n'avons fait que les contempler.

Quelques automobilistes irascibles et beaucoup d'hérissons écrasés au bord de la route mais heureusement pas de cyclistes...

Ensuite nous débouchons sur l'Ain, puis après collation partons en direction des gorges de l'Ain. Paysage superbe sous forte chaleur à suivre cette rivière qui aurait pu nous rafraîchir mais...nous n'avons fait que la contempler. Alors autant vous dire qu'à l'arrivée, la douche, nous n'avons pas fait que la contempler !
A l'hôtel, repas convivial et léger (comme d'habitude, entrées à volonté plus pâtes à volonté plus desserts à volonté plus... stop !)
Reste plus qu'à faire de la lessive, trier les photos, ranger les affaires, faire le rapport de la journée sur internet, préparer la journée du lendemain, bon allez, faut dormir un peu aussi !

A demain pour de nouvelles aventures. Loïc envoyé spécial à Oyonnax



Le voyage 2015 se déroule de Lyon à Guillestre avec une escapade en Italie.


 
Nous nous dirigerons d’abord vers le lac Léman en passant par les étangs des Dombes, le Jura, le difficile col du Grand Colombier, les gorges du Giers et Annecy.

Après avoir admiré ce magnifique lac du village & port d’Yvoire nous irons voir (n'ayons pas peur de nous répéter) les Alpes du Nord.

Nous franchirons notamment les cols de la Colombière, des Aravis, des Saisies, du Cormet de Roselend, de l’Iseran (2770m) et du Mont-Cenis. Pour faire durer le plaisir on ne les fera pas tous le même jour.

L’Italie est là, toute proche. Alors on ira faire un tour dans le Piémont et la région de Turin. Après une nuitée Italienne on rentrera par le col Agnel (2744m) pour finir en apothéose.

Nous aurons ainsi franchi les 2 plus hauts cols français, parcouru 900 km et fait 17 000 m d’ascension.

Après le repas de fin de voyage à Guillestre on rentrera samedi 18 sur Aix en TER. On peut aussi rentrer à vélo, il n’y a que 200 km globalement descendants…

Ce parcours a été concocté par Fabien et Loïc, avec le support de Georges, Laure, Régis et Serge.


La présentation du voyage



Les participants

Christophe, Fabien, Georges, Jean-Christophe, Jean-Luc & Eliane, Laure, Loïc, Patrice, Régis, Serge.